Embargo sur le pétrole russe : les importations européennes réduites de 90 % d’ici la fin de l’année

mai 31, 2022
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Publié le 31 mai 2022

Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne, réunis en sommet, ont entériné un sixième train de sanctions contre la Russie. Ils ont enfin trouvé un accord pour réduire de 90 % leurs importations de pétrole russe d’ici la fin de l’année afin de tarir le financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine. Des exemptions ont cependant été actées pour la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque.

Après le charbon, c’est désormais le pétrole russe qui va peu à peu être banni du continent européen. Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d’État européens ont décidé lundi 30 mai un embargo sur le pétrole russe transporté par bateau, soit les deux tiers des achats européens. Cette décision permet ainsi de contourner le veto de Budapest et permettra à la Hongrie, mais aussi à la Slovaquie et la République tchèque, trois pays enclavés, de continuer à être approvisionnées par le pipeline russe Droujba. Cet embargo prendra effet dans les six mois pour le pétrole brut et dans les huit mois pour les produits raffinés.

« Cela va couper une énorme source de financement de la machine de guerre de la Russie », a tweeté le président du Conseil européen, Charles Michel. Dans un second temps, l’extension de l’embargo aux livraisons par oléoduc sera discutée « dès que possible » sans qu’une date butoir ne soit fixée. Mais avec les engagements de Berlin et Varsovie à arrêter leurs importations par l’oléoduc Droujba, ce sont au total 90 % des exportations de pétrole russe vers l’Union européenne qui seront arrêtées d’ici la fin de l’année, affirment la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron.

Un embargo total sur le pétrole russe loin d’être acquis

Dans une vidéo diffusée mardi sur Facebook, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, fermement opposé à un embargo total sur le pétrole russe, a salué le compromis trouvé. « Les familles peuvent dormir paisiblement, nous avons écarté l’idée la plus farfelue qui soit« , s’est-il félicité. Budapest avait conditionné son feu vert à des garanties sur sa sécurité énergétique. En arrivant au sommet, le dirigeant nationaliste avait par ailleurs réclamé des assurances en cas de coupure de l’oléoduc Droujba qui approvisionne son pays en passant par l’Ukraine. La Hongrie, pays sans accès à la mer, dépend pour 65 % de sa consommation du pétrole acheminé par Droujba.

C’est pourquoi il demande un délai d’au moins quatre ans, et environ 800 millions d’euros de financements européens pour adapter ses infrastructures à un embargo total. Une demande qui n’a pour l’heure pas encore été acceptée. Ursula von der Leyen a simplement souligné que la capacité de l’oléoduc Adria, qui alimente la Hongrie via la Croatie, pouvait être augmentée moyennant un délai de « 45 à 60 jours environ » et « des investissements« , qu’elle n’a pas chiffrés. Prague, de son côté, avait réclamé un délai d’adaptation de dix-huit mois pour les produits raffinés qui a été accepté, selon le Premier ministre belge Alexander De Croo.

« Les querelles en Europe doivent cesser »

Plus tôt dans la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé les dirigeants de l’UE à « cesser leurs querelles » pour adopter rapidement le sixième paquet de sanctions. « Les querelles en Europe doivent cesser (…), l’Europe doit montrer sa force. Car la Russie ne comprend que l’argument de la force », avait déclaré le dirigeant ukrainien par visioconférence.

En négociation depuis un mois, le nouveau paquet de sanctions prévoit aussi un élargissement de la liste noire de l’UE à une soixantaine de personnalités, dont le chef de l’église orthodoxe russe, le patriarche Kirill. Il comprend l’exclusion de trois banques russes du système financier international Swift, dont Sberbank, principal établissement du pays. Les dirigeants ont aussi approuvé l’octroi de 9 milliards d’euros au gouvernement ukrainien pour couvrir ses besoins immédiats en liquidités afin de faire fonctionner son économie.

Le sommet qui s’achève ce soir doit aussi aborder la transition énergétique du continent pour se passer du gaz russe à travers le plan Repower EU et la crise alimentaire liée à la guerre en Ukraine qui menace en particulier le continent africain. Puis c’est la question d’un embargo gazier qui devrait prochainement arriver sur la table des Vingt-Sept alors que la Pologne et la Bulgarie ont déjà vu leur approvisionnement coupé par le Kremlin.

Concepcion Alvarez @conce1 avec AFP

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