Il y a une chance sur deux de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d’ici 2100, mais cela demande d’agir dès aujourd’hui

mai 3, 2022
manifestation syndney australie 2 C en 2050 une blague MUHAMMAD FAROOQ AFP Il y a une chance sur deux de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d’ici 2100, mais cela demande d’agir dès aujourd’hui

Publié le 03 mai 2022

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue de référence Nature, les engagements pris par les gouvernements du monde entier lors de la COP26 sur le climat de Glasgow pourraient permettre de rester sous la barre de 2°C de réchauffement d’ici la fin du siècle. Mais cela signifie que ces engagements doivent être mis en œuvre, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. 

L’espoir est encore permis. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature le 13 avril vient apporter des arguments supplémentaires pour pousser à l’action climatique dès maintenant. Ses auteurs ont fait tourner quelque 1 400 modélisations à partir des engagements pris l’an dernier à la COP26 sur le climat de Glasgow. Et ils estiment que rester sous un réchauffement contenu entre 1,8 et 2°C d’ici la fin du siècle est encore possible, avec une probabilité comprise entre 48 et 58%.

L’étude montre ainsi que « pour la première fois nous pourrions contenir le réchauffement sous la barre symbolique de 2°C avec les engagements sur la table, à supposer bien sûr que les pays tiennent leurs promesses et qu’un soutien approprié soit fourni à tous les pays pour qu’ils tiennent leurs objectifs dans les délais et dans leur intégralité » a commenté l’auteur principal de l’étude, Malte Meinshausen de l’université de Melbourne.

Les 1,5°C devraient être dépassés peu après 2030

Lors de la COP26, plusieurs chiffrages avaient déjà montré que les engagements pris lors du sommet nous plaçaient sur une trajectoire de réchauffement de 1,8°C dans le scénario le plus optimiste. Mais cette nouvelle étude est plus détaillée et complète. Elle estime que le pic de réchauffement devrait être atteint vers 2080–2090. Et elle calcule que la probabilité de dépassement pour un réchauffement de +1,5°C est comprise entre 90% et 94%, entre 42% et 52% pour 2°C et entre 12% et 17 % pour 2,5°C.

Les 1,5°C devraient être dépassés peu après 2030, même dans les scénarios les plus ambitieux, mais la suite dépendra « des mesures d’atténuation que nous prendrons à partir d’aujourd’hui : une action forte nous laissera avec un pic de réchauffement d’environ 1,5 °C, tandis qu’une action faible verra la température continuer à augmenter » préviennent les auteurs.

« Cela implique quatre choses : premièrement, que les objectifs à long terme soient étayés par des stratégies à 2030. Deuxièmement, que les objectifs de réduction des émissions à 2030 soient considérablement améliorés pour atteindre -45 % à cet horizon. Troisièmement, que les pays qui n’ont pas d’objectifs nets zéro s’engagent (avec un soutien approprié dans le cas des pays à faible revenu). Enfin, que les pays ayant des objectifs nets zéro avancent leurs dates ou visent des objectifs nets négatifs » précisent les auteurs.

45 gigawatts de nouvelles centrales au charbon mises en service en 2021, un record

Pour l’instant, ce n’est pas vraiment le chemin que nous prenons. Une semaine après la publication du dernier rapport du Giec, début avril, sept projets d’extraction d’énergies fossiles d’envergure avaient vu le jour. « En seulement une semaine« , avait alors déploré l’activiste Greta Thunberg sur Twitter. Parmi eux, le méga projet pétrolier Bay du Nord dans l’océan Atlantique qui prévoit d’extraire 300 millions de barils de pétrole sur trente ans.

Du côté du charbon, l’heure n’est toujours pas au sevrage là non plus alors que c’est l’énergie la plus émettrice de CO2. Selon le Global Energy Monitor, 45 gigawatts de nouvelles centrales au charbon ont été mises en service en 2021, dont la moitié en Chine. Et 34 pays envisagent toujours de construire de nouvelles centrales au charbon. Le rapport note également que la quantité d’électricité produite à partir du charbon a augmenté de 9 % en 2021 pour atteindre un niveau record.  

Pourtant, tous les experts s’accordent à dire que le coût de l’inaction serait bien plus élevé que celui de l’action. Une autre étude, réalisée par 2°C Investing Initiative a appliqué la réponse des gouvernements à la pandémie de Covid à la crise climatique. Il apparaît qu’en agissant dès maintenant sur le changement climatique, le coût pour sauver une vie serait 2 à 3 fois inférieur à ce qu’il a coûté pendant la pandémie. Et que la préparation est à la fois plus juste et plus rentable que les mesures réactives aux crises systémiques. 

Concepcion Alvarez @conce1

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