La consommation touristique en France chute d’un tiers entre 2019 et 2020

février 24, 2022

En 2020, la crise sanitaire a amputé d’un tiers les dépenses des touristes en France

La consommation touristique en France, également appelée consommation touristique intérieure, atteint 114,5 milliards d’euros en 2020 (figure 1). Du fait de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, elle diminue de 34 % par rapport à 2019, soit de 59,7 milliards d’euros. La baisse est presque deux fois plus marquée pour les non-résidents que pour les résidents, – 48 % contre – 26 %. En euros, les touristes résidents (– 28,9 milliards d’euros) et les touristes non résidents (– 30,8 milliards d’euros) contribuent à parts égales à la baisse de la consommation touristique intérieure.

Figure 1a – Consommation touristique en 2020 et évolution sur un an

en milliards d’euros

Figure 1a – Consommation touristique en 2020 et évolution sur un an (en milliards d’euros) – Lecture : en 2020, la consommation des touristes résidents en hébergements touristiques marchands s’élève à 12,1 milliards d’euros, soit 4,3 milliards de moins qu’en 2019.
Consommation touristique 2020 Évolution entre 2019 et 2020
Résidents Non-résidents Ensemble Résidents Non-résidents Ensemble
Hébergements touristiques marchands 12,1 10,5 22,6 – 4,3 – 11,8 – 16,1
Restaurants et cafés 7,1 3,7 10,8 – 3,5 – 4,0 – 7,5
Services de transports non urbains 12,7 6,2 18,9 – 9,7 – 6,3 – 16,0
Services culturels, sportifs, de loisirs et agences de voyage 6,5 2,5 9,0 – 6,5 – 2,2 – 8,7
Carburants et péages 9,2 2,9 12,1 – 3,5 – 1,7 – 5,2
Autres dépenses de biens et services 14,5 5,2 19,7 – 1,8 – 4,8 – 6,6
Hébergements touristiques non marchands 19,3 2,1 21,4 0,4 0,0 0,4
Ensemble 81,4 33,1 114,5 – 28,9 – 30,8 – 59,7
  • Lecture : en 2020, la consommation des touristes résidents en hébergements touristiques marchands s’élève à 12,1 milliards d’euros, soit 4,3 milliards de moins qu’en 2019.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, compte satellite du tourisme, base 2014.

Les dépenses se contractent d’au moins 40 % en euros courants dans le secteur de l’hébergement marchand (– 16,1 milliards d’euros) – et particulièrement dans l’hôtellerie (– 9,8 milliards d’euros) – dans les transports non urbains (– 16,0 milliards d’euros) – pour une grande part aériens (– 12,4 milliards d’euros) – mais aussi dans la restauration (– 7,5 milliards d’euros). Les dépenses des touristes dans les services culturels, sportifs, de loisirs et agences de voyage sont divisées par deux, tombant à 9,0 milliards d’euros en 2020.

La baisse est un peu plus contenue – inférieure à 30 % – pour les postes carburants et péages (– 5,2 milliards d’euros) et les autres dépenses de biens et services (– 6,6 milliards). Au total, le seul poste épargné est celui de l’hébergement touristique non marchand, dont les dépenses progressent de 400 millions, soit 1,9 % en euros courants de plus qu’en 2019.

Les prix des biens et services touristiques étant stables (– 0,4 % entre 2020 et 2019), la baisse des dépenses touristiques est principalement liée à une baisse des volumes. En effet, les volumes des biens et services touristiques diminuent de 34 % en moyenne.

Entre 2019 et 2020, le poids de la consommation touristique intérieure dans le PIB perd 2,2 points

En 2020, le secteur du tourisme a été plus touché par la crise sanitaire que l’ensemble des secteurs économiques. La consommation touristique intérieure, regroupant l’ensemble des dépenses touristiques (y compris achats de biens durables, résidences secondaires et dépenses professionnelles) ne représente plus que 5,3 % du PIB, contre 7,5 % en 2019.

La raréfaction des touristes non résidents affecte particulièrement l’hôtellerie et les voyages en avion

Les dépenses touristiques des non-résidents représentent 33,1 milliards d’euros en 2020, soit presque moitié moins qu’en 2019 (63,9 milliards d’euros) et tous les postes de dépense touristique des non-résidents ont baissé.

Premier poste de dépense touristique des non-résidents, l’hébergement marchand contribue très largement à la baisse de la consommation touristique les concernant entre 2019 et 2020, avec – 11,8 milliards d’euros, dont – 7,5 milliards d’euros dans l’hôtellerie.

Les dépenses dans les transports, autre poste important pour les non-résidents avec 6,2 milliards d’euros en 2020, se contractent de moitié en une année. Cette baisse est imputable en grande partie aux voyages en avion (– 4,3 milliards d’euros).

Au sein des autres dépenses de biens et services, qui représentent 15 % des dépenses touristiques des non-résidents (figure 2), les aliments et boissons représentent 3,3 milliards d’euros de dépenses, soit 3,1 milliards de moins qu’en 2019. Dans les restaurants et cafés, la baisse est de 4,0 milliards d’euros par rapport à 2019, et le total de leurs montants s’élève à 3,7 milliards en 2020.

Les dépenses des non-résidents ne représentent plus que 29 % de la consommation touristique intérieure, contre 37 % en 2019 (figure 3).

Figure 2 – Répartition de la consommation touristique par grand poste de dépenses en 2020

en %

Figure 2 – Répartition de la consommation touristique par grand poste de dépenses en 2020 (en %) – Lecture : en 2020, 9 % de la consommation touristique des résidents est réalisée dans les restaurants et cafés. Cette part est de 11 % pour les non-résidents.
Résidents Non-résidents Ensemble
Hébergements touristiques marchands 15 32 20
Restaurants et cafés 9 11 9
Services de transports non urbains 15 19 16
Services culturels, sportifs, de loisirs et agences de voyage 8 8 8
Carburants et péages 11 9 11
Autres dépenses de biens et services 18 15 17
Hébergements touristiques non marchands 24 6 19
Ensemble 100 100 100
  • Lecture : en 2020, 9 % de la consommation touristique des résidents est réalisée dans les restaurants et cafés. Cette part est de 11 % pour les non-résidents.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, compte satellite du tourisme, base 2014.

Figure 2 – Répartition de la consommation touristique par grand poste de dépenses en 2020

  • Lecture : en 2020, 9 % de la consommation touristique des résidents est réalisée dans les restaurants et cafés. Cette part est de 11 % pour les non-résidents.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, compte satellite du tourisme, base 2014.

Figure 3 – Part de la consommation des non-résidents dans la consommation touristique

en %

Figure 3 – Part de la consommation des non-résidents dans la consommation touristique (en %) – Lecture : en 2020, la consommation touristique des non-résidents représente 29 % de l’ensemble de la consommation touristique ; ce chiffre était de 37 % en 2019.
2019 2020
Hébergements touristiques marchands 58 46
Restaurants et cafés 42 34
Services de transports non urbains 36 33
Services culturels, sportifs, de loisirs et agences de voyage 26 28
Carburants et péages 27 24
Autres dépenses de biens et services 38 26
Hébergements touristiques non marchands 10 10
Ensemble de la consommation touristique 37 29
  • Lecture : en 2020, la consommation touristique des non-résidents représente 29 % de l’ensemble de la consommation touristique ; ce chiffre était de 37 % en 2019.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, compte satellite du tourisme, base 2014.

Figure 3 – Part de la consommation des non-résidents dans la consommation touristique

  • Lecture : en 2020, la consommation touristique des non-résidents représente 29 % de l’ensemble de la consommation touristique ; ce chiffre était de 37 % en 2019.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, compte satellite du tourisme, base 2014.

Les dépenses des résidents en transports aériens et en agences de voyage diminuent fortement

En 2020, la consommation touristique des résidents s’élève à 81,4 milliards d’euros. Elle baisse ainsi d’un quart par rapport à 2019 (110,3 milliards d’euros). Les dépenses touristiques diminuent dans tous les secteurs, hormis dans l’hébergement non marchand, ayant mieux résisté à la crise. En 2020, les résidents ont privilégié les voyages en hébergement non marchand par rapport aux voyages avec hébergement marchand.

En 2020, du fait des confinements et des restrictions liés à la crise sanitaire, certains services ont été inaccessibles une partie de l’année. Ainsi, les transports par avion et les agences de voyages sont fortement affectés. De fait, les dépenses en transports non urbains, relativement importantes pour les touristes résidents, baissent de 9,7 milliards d’euros, dont 8,1 milliards pour l’avion. Elles représentent 15 % des dépenses touristiques des résidents en 2020, soit 12,7 milliards d’euros. Le secteur des services des voyagistes et des agences de voyage perd quant à lui 4,3 milliards d’euros de dépenses touristiques, pour une dépense de 2,9 milliards d’euros en 2020.

Par ailleurs, l’activité a fortement baissé dans d’autres secteurs, mais de manière plus contenue, grâce à une activité touristique qui a repris partiellement au cours de l’été 2020. Ainsi, dans l’hébergement marchand, les dépenses touristiques des résidents baissent de 4,3 milliards d’euros pour s’établir à 12,1 milliards d’euros. De la même manière, les dépenses diminuent également pour les carburants et péages ainsi que pour les restaurants et cafés (– 3,5 milliards d’euros chacun), mais aussi pour les aliments et boissons (– 1,4 milliard d’euros).

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