La filière aéronautique et spatiale en France en 2020

décembre 1, 2021

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La filière aéronautique et spatiale regroupe 4 480 sociétés en 2020

La filière aéronautique et spatiale englobe à la fois les grands constructeurs têtes de filière (Airbus, Dassault, ArianeGroup, etc.) et la chaîne d’approvisionnement constituée des sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services : fabricants de pièces, d’équipements électriques et électroniques, consultants en ingénierie (mécanique, informatique, etc.), éditeurs de logiciels, bureaux d’études, etc. En 2020, en France hors Guyane, cette filière regroupe 4 480 sociétés. Seulement une trentaine d’entre elles font partie des grands constructeurs. Plus des trois quarts appartiennent à des petites et moyennes entreprises (PME). L’aéronautique est prépondérante par rapport au spatial (90 % du chiffre d’affaires dédié à la filière et 88 % des effectifs dédiés).

La filière emploie 7 % des salariés de l’industrie française

En 2020, le chiffre d’affaires des sociétés de la filière atteint 186 milliards d’euros (figure 1). Mais certaines d’entre elles sont également présentes sur d’autres marchés tels que l’automobile, le ferroviaire, l’énergie, etc. Le chiffre d’affaires résultant uniquement de leur activité aérospatiale s’élève à 106 milliards d’euros. L’industrie génère à elle seule 87 % de ce chiffre d’affaires. La part du tertiaire est plus élevée dans le spatial (50 %) en raison de l’importance des activités d’ingénierie.

Figure 1 – Chiffre d’affaires selon le secteur d’activité

Figure 1 – Chiffre d’affaires selon le secteur d’activité – Lecture : entre 2019 et 2020, le chiffre d’affaire aérospatial diminue de 31,8 %.
Nombre de sociétés Chiffre d’affaires 2020
(en millions d’euros)
Évolution 2020/2019 du chiffre d’affaires
(en %)
Poids du chiffre d’affaires aérospatial dans le chiffre d’affaires total
(en %)
Total dont dédié à l’aérospatial Total dont dédié à l’aérospatial
Aérospatial Aéronautique Spatial Aérospatial Aéronautique Spatial
Industrie 3 282 125 900 92 004 86 620 5 384 – 28,5 – 33,9 – 34,5 – 21,6 73,1
Construction aéronautique et spatiale 193 75 868 73 697 69 559 4 138 – 35,4 – 35,8 – 36,5 – 23,0 97,1
Fabrication d’équipements électriques et électroniques et de machines 539 25 858 9 080 8 205 875 – 13,1 – 21,4 – 22,4 – 10,6 35,1
Métallurgie 1 956 10 496 4 663 4 500 163 – 20,8 – 28,9 – 29,2 – 21,0 44,4
Maintenance 321 5 202 2 344 2 305 39 – 15,1 – 20,4 – 20,4 – 18,8 45,1
Fabrication d’autres produits industriels 273 8 476 2 220 2 051 169 – 12,1 – 30,3 – 29,9 – 34,4 26,2
Tertiaire 1 198 59 626 14 167 8 798 5 369 – 19,2 – 14,1 – 22,4 4,4 23,8
dont ingénierie et autres activités spécialisées 529 16 719 6 256 2 848 3 408 – 10,2 – 8,8 – 24,4 10,2 37,4
dont activités informatiques 319 22 570 2 453 1 889 564 – 4,4 – 12,1 – 14,7 – 2,2 10,9
Ensemble 4 480 185 526 106 171 95 418 10 753 – 25,8 – 31,8 – 33,5 – 10,5 57,2
  • Lecture : entre 2019 et 2020, le chiffre d’affaire aérospatial diminue de 31,8 %.
  • Champ : sociétés appartenant à la filière aéronautique et spatiale en France hors Guyane en 2020.
  • Source : Insee, enquête Filière aéronautique et spatiale 2020.

Fin 2020, les sociétés de la filière emploient 691 000 salariés, dont 263 000 sont dédiés à leur activité aérospatiale (figure 2). La majorité de ces effectifs sont concentrés dans l’industrie, ils représentent 7 % des emplois salariés industriels français.

Figure 2 – Effectif salarié selon le secteur d’activité

Figure 2 – Effectif salarié selon le secteur d’activité – Lecture : entre 2019 et 2020, les effectifs dédiés à l’activité aérospatiale diminuent de 8,1 %.
Effectif salarié hors intérim
au 31/12/2020
Évolution 2020/2019
de l’effectif salarié
hors intérim
(en %)
Poids de l’effectif dédié à l’activité aérospatiale dans l’effectif total
(en %)
Total dont dédié à l’aérospatial Total dont dédié à l’aérospatial
Aérospatial Aéronautique Spatial Aérospatial Aéronautique Spatial
Industrie 366 296 202 256 182 209 20 047 – 4,6 – 7,6 – 7,7 – 7,3 55,2
Construction aéronautique et spatiale 112 788 104 852 91 389 13 463 – 2,9 – 4,1 – 3,8 – 5,9 93,0
Fabrication d’équipements électriques et électroniques et de machines 111 992 40 040 35 944 4 096 – 3,4 – 7,1 – 7,5 – 3,8 35,8
Métallurgie 69 694 30 533 29 253 1 280 – 8,9 – 17,5 – 17,9 – 7,7 43,8
Maintenance 31 384 14 541 14 207 334 – 3,7 – 5,9 – 5,8 – 12,1 46,3
Fabrication d’autres produits industriels 40 438 12 290 11 416 874 – 5,7 – 13,0 – 11,2 – 31,7 30,4
Tertiaire 325 116 60 742 48 074 12 668 – 3,9 – 9,8 – 12,8 3,9 18,7
dont ingénierie et autres activités spécialisées 107 675 31 379 23 708 7 671 – 3,9 – 9,0 – 13,0 6,2 29,1
dont activités informatiques 138 683 15 964 11 956 4 008 – 3,4 – 13,3 – 17,5 1,9 11,5
Ensemble 691 412 262 998 230 283 32 715 – 4,3 – 8,1 – 8,8 – 3,2 38,0
  • Lecture : entre 2019 et 2020, les effectifs dédiés à l’activité aérospatiale diminuent de 8,1 %.
  • Champ : sociétés appartenant à la filière aéronautique et spatiale en France hors Guyane en 2020.
  • Source : Insee, enquête Filière aéronautique et spatiale 2020.

En 2020, le chiffre d’affaires généré par l’activité aérospatiale baisse de 32 %

En 2020, la crise sanitaire et les restrictions de circulation induites provoquent l’effondrement du trafic aérien mondial. Selon l’Association internationale du transport aérien, la demande, mesurée en kilomètres-passagers payants, baisse de 66 % par rapport à l’année précédente. Dans ce contexte fortement dégradé, les commandes adressées à Airbus chutent de 66 % par rapport à 2019, mais l’avionneur parvient à limiter la baisse de ses livraisons à − 34 %. Airbus dispose en effet d’un solide carnet de commandes qui permet d’amortir les effets de la crise. L’activité de toute la filière aéronautique est néanmoins fortement ralentie : le chiffre d’affaires diminue de 34 %. Ce recul est moins prononcé dans le spatial (− 10 %), où les commandes ne sont pas directement concernées par les restrictions de déplacement. Au total, le chiffre d’affaires aérospatial diminue de 32 %. Les plus touchés sont les grandes entreprises (figure 3) et les secteurs de la construction aéronautique et spatiale, de la métallurgie et de la fabrication d’autres produits industriels (visserie, tôles, tuyaux, etc.).

Figure 3 – Évolution des effectifs hors intérim et du chiffre d’affaires dédiés à la filière selon la catégorie d’entreprises entre 2019 et 2020

en %

Figure 3 – Évolution des effectifs hors intérim et du chiffre d’affaires dédiés à la filière selon la catégorie d’entreprises entre 2019 et 2020 (en %) – Lecture : le chiffre d’affaires dédié à la filière des sociétés appartenant à une PME diminue de 26,2 % entre 2019 et 2020.
Effectifs salariés Chiffre d’affaires
Grandes entreprises – 6,1 – 33,5
Entreprises de taille intermédiaire – 9,0 – 22,2
Petites et moyennes entreprises (y compris microentreprises) – 16,0 – 26,2
Ensemble – 8,1 – 31,8
  • Lecture : le chiffre d’affaires dédié à la filière des sociétés appartenant à une PME diminue de 26,2 % entre 2019 et 2020.
  • Champ : sociétés appartenant à la filière aéronautique et spatiale en France hors Guyane en 2020.
  • Source : Insee, enquête Filière aéronautique et spatiale 2020.

Figure 3 – Évolution des effectifs hors intérim et du chiffre d’affaires dédiés à la filière selon la catégorie d’entreprises entre 2019 et 2020

  • Lecture : le chiffre d’affaires dédié à la filière des sociétés appartenant à une PME diminue de 26,2 % entre 2019 et 2020.
  • Champ : sociétés appartenant à la filière aéronautique et spatiale en France hors Guyane en 2020.
  • Source : Insee, enquête Filière aéronautique et spatiale 2020.

L’activité se réduit le plus fortement dans les sociétés les plus dépendantes de la filière (encadré 1). En revanche, celles qui consacrent une partie importante de leur activité au marché militaire sont davantage épargnées (encadré 2).

Un choc de demande plus fréquemment cité que les contraintes sanitaires et les difficultés d’approvisionnement

Interrogées sur les facteurs ayant eu le plus d’impact sur l’évolution de leur activité aérospatiale en 2020, les sociétés citent le plus fréquemment la baisse de la demande qui leur est adressée (73 % des sociétés), puis les contraintes sanitaires au sein de l’entreprise (49 % des sociétés). La disponibilité des fournisseurs et les difficultés d’approvisionnement n’affectent l’activité que de 20 % des sociétés en 2020.

Dans ce contexte, le taux d’utilisation des capacités de production des sociétés industrielles recule de 20 points en un an pour atteindre 72 % en 2020. Il diminue dans tous les secteurs, mais moins fortement dans la maintenance (− 12 points). En effet, même si les appareils restent au sol, ils doivent être entretenus régulièrement.

Les effectifs dédiés à la filière baissent de 8 % en 2020, soit 23 300 salariés de moins

En 2020, les effectifs dédiés à la filière (hors intérim) se replient de 8 %, ce qui représente 23 300 salariés de moins. Cette baisse est quatre fois plus élevée que dans l’ensemble de l’économie : dans les secteurs principalement marchands non agricoles, l’emploi salarié diminue de 2 % sur la même période. La filière a également beaucoup réduit son recours au travail intérimaire.

Les effectifs des PME sont les plus affectés. Ils baissent de 16 %, soit deux fois plus que la moyenne de la filière. En revanche, ceux des grandes entreprises se réduisent moins fortement (− 6 %), alors que leur chiffre d’affaires a le plus diminué. Mais, du fait de leur poids, elles perdent le plus grand nombre de salariés (− 10 700).

Les effectifs baissent le plus fortement dans la métallurgie au sein de la filière (− 18 % sur l’année). En revanche, ils progressent dans les activités tertiaires du spatial : en effet, les phases d’études et de calculs s’étalent sur de plus longues périodes.

Néanmoins, la baisse des effectifs reste limitée au regard de celle de l’activité, du fait d’un recours important aux mesures de soutien.

Un recours massif aux dispositifs d’aides, mais peu de changement de localisation de l’activité

Le recours à l’activité partielle a été le dispositif d’aide le plus massivement utilisé, toutes tailles d’entreprises confondues : en 2020, 80 % des sociétés de la filière en ont bénéficié. À titre de comparaison, dans l’ensemble de l’économie, 70 % des sociétés y ont eu recours lors du premier confinement, au printemps 2020 [Duc et Souquet, 2020].

Le prêt garanti par l’État (PGE) a été le deuxième dispositif le plus utilisé : 47 % des sociétés de la filière y ont eu recours. Par ailleurs, 43 % des sociétés ont obtenu un report d’échéances sociales ou fiscales.

La filière n’a pas rencontré de difficultés pour bénéficier de ces aides ; la quasi-totalité des sociétés ayant sollicité un dispositif d’aide l’ont obtenu.

La crise sanitaire n’a pas incité les sociétés à changer la localisation d’une partie de leur activité aéronautique ou spatiale. Une société sur cent déclare l’avoir fait en 2020.

De même, très peu de sociétés ont décidé de réinternaliser une partie de leur activité aéronautique ou spatiale, c’est-à-dire d’intégrer au sein de la société une activité auparavant externalisée : seulement 4 % déclarent l’avoir fait.

Des projets d’innovation, même en temps de crise

Si la crise sanitaire a freiné les efforts d’innovation, elle ne les a pas stoppés  : en 2020, 16 % des sociétés fabriquant ou fournissant des composants ou outils pour la filière aérospatiale ont innové sur les produits et 14 % sur les procédés.

De plus, certaines sociétés ont œuvré sur des projets porteurs liés à leur activité aérospatiale : 25 % sur la transformation numérique (industrie du futur), 24 % sur la diversification ou l’investissement dans de nouvelles activités et 22 % sur la modernisation industrielle des sites de production. En revanche, les sociétés mènent plus rarement des projets pour améliorer leur performance environnementale, surtout concernant les aéronefs ou les astronefs (6 %). Globalement, les grandes entreprises ont plus fréquemment pris part à ces projets porteurs : elles sont 63 % à avoir travaillé sur au moins l’un d’entre eux, contre 42 % des PME.

Une société sur quatre a réalisé des travaux de recherche et développement (R&D) pour son activité aérospatiale, tout ou partie en interne pour la quasi-totalité d’entre elles (94 %). Ces travaux mobilisent un cinquième des effectifs dédiés à l’aérospatial.

La sortie de crise pourrait conduire à intensifier les activités de R&D par rapport à 2020. En effet, 23 % des sociétés impliquées dans des activités de R&D dédiées à l’aérospatial envisagent d’augmenter les moyens humains ou financiers alloués à ces activités en 2021, alors que seulement 17 % prévoient de les diminuer. Il en est de même pour les investissements : 30 % des sociétés réalisant des investissements (matériels ou logiciels) pour leur activité aérospatiale envisagent de les augmenter en 2021 (22 % prévoient de les diminuer).

Un redécollage de l’activité en 2021

Interrogés au premier semestre 2021, les chefs d’entreprise de la filière aéronautique estiment que l’activité augmente par rapport au second semestre 2020, surtout dans l’industrie : le solde d’opinion s’établit à + 63 points (+ 68 points dans l’industrie, contre + 19 points dans les services). Il est négatif uniquement dans la métallurgie : − 25 points (figure 4).

Figure 4 – Opinion des chefs d’entreprise sur l’activité aéronautique

en points

Figure 4 – Opinion des chefs d’entreprise sur l’activité aéronautique (en points) – Lecture : l’activité augmente dans l’industrie au premier semestre 2021, le solde d’opinion s’élève à + 68 points.
1er semestre 2021 2e semestre 2021
Industrie 68,0 69,3
Construction aéronautique et spatiale 81,2 80,9
Fabrication d’équipements électriques et électroniques et de machines 38,1 49,9
Métallurgie – 24,7 – 14,5
Maintenance 15,1 2,8
Fabrication d’autres produits industriels 3,3 11,0
Tertiaire 18,9 25,9
dont ingénierie et autres activités spécialisées 20,0 14,3
dont activités informatiques 45,4 51,4
Ensemble 63,5 65,3
  • Note : le solde d’opinion est l’écart entre le pourcentage de réponses « en hausse » et le pourcentage de réponses « en baisse », pondérées par le chiffre d’affaires dédié à l’aéronautique. Un solde positif signifie une augmentation de l’activité. 
  • Lecture : l’activité augmente dans l’industrie au premier semestre 2021, le solde d’opinion s’élève à + 68 points.
  • Champ : sociétés appartenant à la filière aéronautique et spatiale en France hors Guyane en 2020.
  • Source : Insee, enquête Filière aéronautique et spatiale 2020 .

Figure 4 – Opinion des chefs d’entreprise sur l’activité aéronautique

  • Note : le solde d’opinion est l’écart entre le pourcentage de réponses « en hausse » et le pourcentage de réponses « en baisse », pondérées par le chiffre d’affaires dédié à l’aéronautique. Un solde positif signifie une augmentation de l’activité. 
  • Lecture : l’activité augmente dans l’industrie au premier semestre 2021, le solde d’opinion s’élève à + 68 points.
  • Champ : sociétés appartenant à la filière aéronautique et spatiale en France hors Guyane en 2020.
  • Source : Insee, enquête Filière aéronautique et spatiale 2020 .

Dans le spatial, le solde d’opinion s’établit à + 8 points pour le premier semestre 2021, mais l’activité y a trois fois moins diminué que dans l’aéronautique en 2020.

Déjà, début 2021, les sociétés industrielles ont davantage utilisé leurs capacités de production : entre la moyenne de 2020 et début 2021, le taux d’utilisation rebondit de 8 points pour atteindre 80 % (il était de 92 % en 2019). La hausse est la plus marquée dans la fabrication d’équipements électriques et électroniques et de machines : + 11 points.

Globalement, les chefs d’entreprise anticipent une poursuite de la reprise dans l’aéronautique et dans le spatial sur toute l’année 2021.

L’emploi se redresserait dans le tertiaire, mais diminuerait encore dans l’industrie

En partie préservé par les dispositifs d’aides en 2020, l’emploi bénéficierait peu du redécollage de l’activité. Les sociétés sont aussi nombreuses à prévoir une hausse qu’une baisse de leur effectif salarié pour leur activité aérospatiale en 2021. Ces prévisions diffèrent selon le secteur d’activité. Dans l’industrie, les sociétés envisagent plus fréquemment une baisse (18 % contre 13 % pour une hausse), en particulier dans la métallurgie. C’est l’inverse dans le tertiaire (11 % envisagent une baisse contre 22 % une hausse). Dans les activités informatiques, les sociétés sont presque trois fois plus nombreuses à prévoir une hausse qu’une baisse de leur effectif.

L’impact de la crise resterait fort pour les intérimaires : 39 % des sociétés ayant recours à l’intérim pour leur activité aérospatiale prévoient de moins y recourir en 2021, alors que 13 % envisagent d’y recourir davantage.

Par ailleurs, les sociétés continuent de faire appel à l’activité partielle en 2021. 25 % des sociétés ont eu recours ou envisagent de recourir à l’activité partielle de longue durée spécifique à la filière ; cette part est plus élevée dans la construction aéronautique et spatiale (44 %). En moyenne, les sociétés de la filière déclarent que 43 % de leur volume d’emploi total serait concerné par cette mesure.

Encadré 1 – Une forte dépendance au marché aérospatial et au principal client

En 2020, les activités aérospatiales représentent 57 % du chiffre d’affaires total des sociétés de la filière. Ce taux atteint 73 % dans l’industrie (contre 24 % dans le tertiaire). Pour 21 % des sociétés, l’activité aérospatiale constitue plus de 80 % du chiffre d’affaires total.

Cette dépendance à la filière s’accompagne d’une dépendance au client principal : une société sur dix dépend à la fois de la filière à plus de 80 % et d’un client principal à plus de 50 %. En moyenne, le chiffre d’affaires réalisé avec le principal client représente 26 % du chiffre d’affaires total.

L’activité a diminué le plus fortement pour les sociétés les plus dépendantes de la filière. Lorsque l’activité aérospatiale représente plus de 80 % de leur chiffre d’affaires total, le chiffre d’affaires dédié baisse de 33 % en 2020 (contre − 26 % pour les autres). De même, il recule de 36 % quand le client principal représente plus de la moitié du chiffre d’affaires (contre − 23 % pour les autres).

Encadré 2 – Des sociétés également présentes sur le marché militaire

Un tiers des sociétés de la filière travaillent sur des programmes militaires en 2020. Ces programmes représentent en moyenne 28 % de leur activité aérospatiale.

Au total, les programmes militaires représentent 17 % de l’activité aérospatiale de la filière.

Les activités militaires ont joué le rôle d’un amortisseur de crise, surtout pour les sociétés fortement dépendantes de ces programmes. Les sociétés sont davantage épargnées lorsque l’activité militaire représente plus de 80 % de leur chiffre d’affaires aérospatial : celui-ci baisse seulement de 5 %. De même, les effectifs dédiés à l’aérospatial des sociétés travaillant sur des programmes militaires diminuent moins (− 7 %, contre − 12 % pour celles qui n’ont aucun marché militaire).

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